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EXTRA MUROS – Lauréat du concours du Pôle muséal du Quartier Montcalm

– 2e Prix –

Date : 2013

Client : Comission de la capitale Nationale

Équipe de projet : Christian Thiffault . Sophie Julien . Marta Masferrer . Jérôme Glad . Christine Robitaille . Pauline Gayaud

S’appuyant sur les préexistences d’un quartier culturellement riche, le nouvel aménagement urbain est un canevas capable de transformer l’espace public en un milieu de vie créatif exceptionnel, capable de transformer une rue en grande place, une intersection en un square public, et d’inclure la participation et l’implication de tout le milieu.

Texte du projet

« Et si le quartier en soi devenait l’expression d’une créativité débordante ? Et si, au-delà des galeries du nouveau musée, l’espace urbain se parcourait telle une exposition en perpétuel mouvement ?

C’est ainsi que le projet d’aménagement public est envisagé, comme une toile de fond s’attachant à des institutions préexistantes et rendant possible toutes sortes d’appropriations spontanées. Dans ce quartier, la culture que l’on a l’habitude de voir à l’intérieur des murs s’exprime à chaque coin de rue. L’espace urbain tel qu’on le connait devient alors vivant et changeant comme les galeries d’un musée, la programmation d’un cinéma, d’un théâtre, ou les étales d’un marché.

Projet d’activation de l’espace public, l’ensemble devient un nouveau pôle piétonnier en amont de la colline parlementaire, qui, allié à l’arrivée du tramway et la consolidation de la Grande Allée, favorisera les transports actifs sur toute la haute ville.

La rue Cartier est l’épine dorsale du quartier. Profitant de l’implication déjà très forte de ses nombreux commerçants, la rue est aménagée en emprise partagée à sens unique. Allégeant le transit et augmentant le potentiel d’appropriation des commerces, l’aménagement flexible permet d’accommoder différents usages journaliers et saisonniers.

Le caractère de la rue est alors affirmé comme une grande place longitudinale, foisonnante et continuellement changeante, qui sera emblématique par ses grandes terrasses et ses allures de marché.

Le square Cartier – Grande-Allée est le pôle catalyseur liant la rue Cartier aux Plaines, et le nouveau musée au reste du quartier. Actuellement très peu lisible, ce croisement présente le potentiel de devenir un réel square public, dominé par un aménagement surélevé en emprise partagée. Pour révéler l’esthétique évocatrice du square, les deux maisons patrimoniales sont désenclavées et réappropriées, alors que la fontaine Wallace est mise en valeur comme élément central. Un lien continu vers les serres crée un nouvel axe important reliant la rue Cartier aux Plaines, renforçant la porosité entre les milieux urbain et naturel par une nouvelle trame verte.

Disséminés à travers le square ainsi que sur l’emprise du grand stationnement privé, des kiosques amovibles pouvant accueillir différents marchés citoyens sont installés. Que ce soient des marchés d’artisans ou d’agriculture locale, ils sont le reflet d’un quartier vivant et productif au cœur de cet espace fortement identitaire.

 

La station cinéma, est le deuxième point d’ancrage de la rue Cartier. Coin de rue atypique marqué par deux dents creuses se faisant face, dont le lot vacant et sa fresque emblématique sur la paroi du cinéma. Pour révéler cet espace, le projet propose d’y ouvrir les portes du cinéma et d’y aménager la plus grande terrasse culturelle du secteur. Au coin d’en face dénaturé par la station essence, une fausse façade est installée, servant de murale-écran géante et créant une continuité programmatique entre les deux cotés de la rue et favorisant ainsi l’appropriation de toute l’intersection.

Le complexe du musée des Beaux-Arts est repensé grâce à l’arrivée du nouveau pavillon comme un grand terrain d’expression pour l’institution. Le jardin des sculptures est un premier pas pour l’ouverture du musée sur le quartier, mais l’ensemble présente un potentiel de dynamisme encore plus grand.

D’abord les installations sportives du musée sont repensées dans de nouveaux pavillons légers qui renforcent la complémentarité entre l’anneau Mérici et l’espace plus contemplatif du musée. Ensuite, le jardin des sculptures est affirmé comme un espace en mouvement ; chaque saison, l’allée plantée se prête à de nouvelles installations éphémères, comme des sculptures de glace ou des illuminations distinctives, affirmant la dynamique des arts au cœur d’un espace public extraordinaire.

L’agora du Grand Théâtre vise quant à elle à éclater les limites de l’édifice en réaménageant un renfoncement déjà existant en un amphithéâtre extérieur. Accueillant une programmation événementielle et invitant aux appropriations spontanées, cet espace bénéficiera d’une visibilité accrue grâce à l’arrivée du terminus des deux futures lignes de tramway in situ. Le nouvel espace crée une continuité à la Promenade des Premiers Ministres et sera un nouveau pôle d’entrée pour le quartier.

En résumé, sans même ajouter d’éléments programmatiques, le projet s’ancre sur les préexistences du quartier et devient l’expression hors-les-murs d’une créativité débordante.